Le tribunal correctionnel de Rennes a relaxé cet après-midi 10 des 17 Maliens employés à l’abattoir Cooperl de Montfort-sur-Meu. Ils étaient poursuivis pour avoir présenté de faux papiers à la Cooperl, et pour séjour irrégulier en France.
Pour huit d’entre eux, le tribunal a jugé que la procédure était nulle, les contrôles d’identité effectués par la police aux frontières (Paf) ayant été commis dans des lieux non mentionnés dans les réquisitions du procureur.
Deux autres Maliens sont relaxés, au motif que durant leur garde à vue, leurs droits leur avaient été notifiés trop tardivement. En revanche, deux Maliens sont condamnés pour séjour irrégulier, et cinq autres pour séjour irrégulier et usage de faux. Ils écopent chacun de deux mois de prison avec sursis.
Également poursuivis à l’audience du 4 mai dernier, la Cooperl (personne morale) et le directeur du site de Montfort ont aussi été relaxés cet après-midi. Le tribunal a considéré que la Cooperl avait joué la transparence avant et pendant l’enquête ; et qu’elle a pu être abusée par les faux papiers présentés par les travailleurs maliens.
Une majorité de ces salariés sont aujourd’hui régularisés en France, et travaillent à l’abattoir de la Cooperl.
Bonjour à tous,
Tous "nos" maliens, les 23 sont convoqués avec Mr Rouault et la COOPERL le 4 mai à 14h à la Cité Judiciaire.Ils veulent juger tout le monde ensemble, sauf qu'il y en a déjà 5 qui sont passés...
Me Le Strat, avocate de Maliens, voudrait rencontrer tout le monde -collectif et maliens- avant l'audience. J'ai réservé la salle des Disous (derriere la mairie) pour samedi 2/05 à 14h. Ordre du jour : discussion sur la procédure avec Me Le Strat puis travail sur chaque dossier des 17 restants. Présence souhaitée dès 14 h si possible. Pour les "Parisiens" je vais les contacter pour essayer qu'ils viennent, l'avocate pense qu'il risquent d'etre jugés plus sévérement s'ils sont absents. Ceux qui ne seront pas là doivent faire un papier pour donner mandat à Me Le Strat de les représenter.
Avant samedi, il y a bien-sûr le défilé vendredi pour le 1er mai. Nous y serons présents du coté des groupes "sans papiers" et j'invite tout le monde à nous rejoindre. Faites circuler l'info à ceux qui n'ont pas internet. Merci
Claudine
Besson peine à convaincre le Mali sur l'immigration© La rédaction web de Jeune AfriqueLe nouveau ministre français de l’Immigration a terminé la semaine dernière sa tournée première africaine au Mali. Ce pays fait de la résistance quant à la signature d’un accord de gestion concertée de l’immigration. Mais pour combien de temps ? Selon l’Association malienne des expulsés, Bamako aurait revu ses exigences à la baisse.
En arrivant vendredi au Mali, le ministre français de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement social n’était pas en terrain conquis : Bamako se montre réticente à signer l’accord de gestion concertée des flux migratoires que plusieurs pays africains ont déjà paraphé.
« Je ne suis pas venu pour négocier »
« Je ne suis pas venu pour négocier mais pour écouter les autorités maliennes, voir si elles veulent une nouvelle discussion entre le Mali et la France », a-t-il déclaré. Il reste toutefois intraitable sur la position de Paris : « Le Mali est attaché à la situation de ses citoyens vivant en France. Nous disons oui à l’immigration légale, non à l’immigration illégale ».
Du côté malien aussi, on reste se montre également à la fois souple et ferme. « Nous allons essayer de discuter avec la France. Les documents de base ne seront pas changés. Cependant, le Mali travaille pour la préservation de ses immigrants », a expliqué le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Badra Alou Macalou.
Le Mali « revoit à la baisse ses exigences »
Eric Besson, dont la première tournée africaine l’avait auparavant mené au Sénégal et au Cap-Vert, a proposé au président Amadou Toumani Touré de se pencher sur les termes d’un nouvel accord. Pas question de mettre la pression : « On prendra tout le temps nécessaire », a souligné le ministre de l’Immigration.
Si rien de véritablement concret n’est ressorti des discussions, l’Association malienne des expulsés (AME) ne cache pas son inquiétude. Dans un communiqué daté de samedi, elle indique qu’il « semblerait » que l’Etat malien « revoie à la baisse ses exigences ».
« Celles-ci, poursuit le document, étaient au départ l’exigence de la régularisation de tous les Maliens sans-papiers, l’augmentation du nombre de métiers ouverts à emploi pour des Maliens et l’augmentation du nombre de visas annuels. Mais selon nos dernières sources, les exigences actuelles ne porteraient plus que sur le nombre de visas : la France en proposerait 1.500 et le Mali en exigerait 4.000. »
L’AME et son collectif de soutien « très inquiets »
En conséquence, l’AME et son collectif de soutien, qui soulèvent d’autres problématiques, se disent « très inquiets ». Surtout, ils « demandent à l’Etat malien d’interrompre toutes négociations concernant les flux migratoires au titre des droits et de la dignité des personnes maliennes se trouvant en France, mais également dans un souci de soutenir ses ressortissants dont les projets migratoires ont pour objectif essentiel l’amélioration des conditions de vie de leurs familles ».
La visite d’Eric Besson intervient après que le Mali a achevé mercredi une campagne d’information et de sensibilisation mettant en garde contre l’immigration clandestine. La campagne reposait entre autres sur des conférences-débats, des sketches, des témoignages et des films.
Lors de la clôture de cette campagne, Badra Alou Macalou avait déclaré : « Plutôt que des barricades, des passerelles bien pensées entre les pays du nord et ceux du sud pourraient contribuer à une gestion sereine des flux migratoires ».
Aujourd'hui Moustapha Coulibaly, dit Momo, comparaissait devant le tribunal de Police de Montfort suite à une plainte d'un salarié de la Cooperl. Les faits remontaient à l'été dernier : Apès s'être faits insultés à maintes reprises, Momo avait perdu son sang froid et avait fini par lui mettre son poing dans la figure.
Après une longue attente, un peu d’inquiétude et un curieux procès où la partie civile (M. V.) a nettement montré son racisme – à la suite de questions posées par l’avocate et reprises par le juge –, Momo a écopé de 100 euros d’amende avec sursis. S’il a été reconnu coupable des faits de violence, le juge a bien précisé qu’il s’agit d’une peine d’avertissement, toute violence étant à proscrire. Il a aussi interpellé le plaignant en lui expliquant que les propos qu’il avait tenus n’étaient ni supportables ni admissibles. " Personne n’a perdu, personne n’a gagné " a-t-il conclu. Pas si sûr !
Momo remercie tout le monde pour le soutien qu'il a reçu.
Rappelons que la HALDE peut être saisie pour les problèmes liés aux discriminations et que le MRAP est aussi prêt à épauler qui en a besoin.